« Je déclare l’existence d’une femme qui écrit » – en atelier d’écriture 18.12.2024

Texte rédigé en atelier d’écriture avec Sarah Fouilloux le 18 décembre 2024 avec les deux contraintes suivantes : commencer ou terminer le texte par « Je déclare l’existence d’une femme qui écrit », traiter de ce que l’écriture nous permet de sauver, temps limité à 25 minutes.


« Je déclare l’existence d’une femme qui écrit. Nul suspens derrière cela, c’est avant tout moi-même que je sauve. Le temps qui passe me semble moins vain si mon corps de chair habité laisse son empreinte en imbibant quelques feuilles volantes. Je vis, c’est une chose, c’est un fait, un voeu chaque jour renouvelé, puisque je me réveille, je respire et que mes poches n’ont jamais été plombées de cailloux. Mais exister, exister, exister… C’est un désir bien plus ardent dont seuls quelques loisirs parviennent à raviver la flamme quand j’oublie de nourrir le feu intérieur. L’écriture en fait partie. Entre les lignes, ce sont les souvenirs et les nuances de mon monde que je sauve et quand le silence de la nuit me pénètre et me laisse clouée sur place, vide, essoufflée par la course de la vie, enfin je perçois ce lien ténu qui me connecte au Tout. Je me relie, je retisse le lien trop longtemps oublié et je laisse les voix me chuchoter ce qui a besoin d’être entendu. Je me fais passeuse de parole, réceptacle à poésie, conteuse de chemins. Même si je doute. Même si j’oublie. Même si je trébuche. Je reste connectée à l’idée qu’il y a, en moi, une infime parcelle de qui je suis qui résiste et s’accroche à une volonté qui balaie le reste. Il y a une foi qui éclaire les plus crades recoins et qui s’attèle à chaque jour renouveler le voeu de la vie. Je suis là, je me réveille, je respire et je me laisse porter. Mes poches sont vides et je souhaite à quiconque de vivre l’existence d’une femme qui écrit ou si ce n’est pas d’être une femme qui écrit, alors une femme qui rit, alors une femme qui dit, alors une femme qui jouit, et si ce n’est pas une femme alors une âme qui crée, alors une âme en paix. »

Aurélie Noélie Perez


Crédit photo de couverture : Stéphy Photographie pour l’Emprunteuse de Mots.

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