« Tout finit par passer » – en atelier d’écriture 31.05.2025

Texte rédigé en atelier lors du stage d’écriture de soi « Se chercher, s’écrire, se trouver » de Sarah Fouilloux le 31 mai 2025 après-midi avec la contrainte suivante : s’adresser une lettre qui répondrait à la question « en quoi as-tu foi? » temps d’écriture limité à 25 minutes.


« Chère toi, chères nous, peu importe après tout,

Ma toute petite, tu as bien vite, trop vite, saisi qu’il y avait dans le doute la genèse de tous les inconforts.

Le doute comme empêchement au bonheur. Le doute comme obstacle à la paix intérieure.

Tu as cherché partout où tes mains menues pouvaient se poser, tu es allée là où ton appétit de comprendre allait se rassasier.

Pour que passe l’hésitation, puisque que tu ne savais jamais sur quel pied danser, tu aurais soulevé l’Univers, retourné à coeur nu la terre meuble pour y plonger toute entière et n’en ressortir qu’avec une vérité indéniable. C’était ça ou rien. Alors plutôt que rien, toi tu as juste continué à ressasser ton monde, parce que c’était une manière d’avancer, de ne pas faire du sur-place, c’était ton moyen de ne pas te résigner.

Pauvres d’esprit sont ceux qui n’ont pas su voir la justesse de la tâche que tu t’étais confiée, toi toute seule, bien naïvement. Personne n’a compris ta détermination à chercher pareilles réponses. Ce qu’ils n’ont pas entendu c’est que pour toi, c’était ça ou mourir. Car que vaut une vie d’ « à quoi bon »?

Tu avais besoin de croire en quelque chose, en quelque chose d’infiniment plus grand que toi, il en va de soi, puisque croire en toi n’était pas à ta portée. Il fallait que cette croyance sorte de toi, s’éloigne de toi, n’aie rien à voir avec toi. Tout sauf ça.

Et dans ta quête tournée vers l’en-dehors, tu as rencontré d’autres mains solitaires et, tendant la tienne, tu as conclu un pacte.

Toi l’exploratrice, toi qui navigues tes mouvements intérieurs, tu sais l’impermanence de la vie. Tu ressens cela, en tout temps, et cela te suffit. Car si tu ne devais avoir qu’une ancre pour t’amarrer à chaque port du grand voyage de l’incarnation, c’est la foi que tout finit par passer. Les soucis, les secrets, l’identité. Tout passe. Et cela devrait suffire. »

Aurélie Noélie Perez


Crédit photo de couverture : Atelier Incarnations avec Aurine Fleurigraphie et Tout à fait toi

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