« La poésie décampe » – en atelier d’écriture 01.06.2025
Texte rédigé en atelier lors du stage d’écriture de soi « Se chercher, s’écrire, se trouver » de Sarah Fouilloux le 1er juin matin avec les contraintes suivantes : un texte qui commence par « la poésie décampe », qui se terminera par « ne pas nommer, c’est laisser disparaître » et autour de la proposition « je n’ai pas cessé de guetter l’existence et d’écrire des poèmes ». Temps d’écriture limité à 25 minutes.
« La poésie décampe
Court, saute, fuit,
C’est pas ma faute à moi
Si les rimes se font la malle
Devant l’austérité du monde
J’ai essayé de reprendre mon souffle
Par la fenêtre, je regarde,
Dans le couloir, je me retourne
Partout, je cherche
Je n’ai cessé de guetter l’existence
Et d’écrire des poèmes
Avec le peu de feu
Qui parcourait encore mes veines
Avec le peu de feu
Qui parcourait encore mon ventre
Avec ce peu de feu
Pourtant tout brûle
Vaine chanson qui tourne en boucle
Dans ma tête trop lasse
Pour ces lendemains trop lourds
La poésie décampe
Et j’ai essayé de la rattraper,
De courir plus vite encore
D’en saisir des bribes et de les coucher sur mon papier
Vite vite vite vite vite
Pour ne plus jamais en être séparée
Déchirement constant
D’un coeur trop vide
La poésie décampe
Le risque de l’effacement pèse lourd
Je m’appelle Aurélie,
Écoutez-moi bien Aurélie
Je t’aime Aurélie
A U R É L I E
Je me presse
Je le dis vite vite vite
Car la poésie décampe
Et ne pas nommer c’est laisser disparaitre. »
Aurélie Noélie Perez
Crédit photo de couverture : Atelier Incarnations avec Aurine Fleurigraphie et Tout à fait toi